Prix en marge du Festival de Cannes 1951
Prix des spectateurs d'avant-garde 1951
Prix Saint Germain des Prés 1951
Le premier film lettriste, Traité de bave et d’éternité est un défi iconoclaste à l’art de la reproduction en mouvement. À travers ce film, son concepteur Isidore Isou remet en cause entre autres, la validité des images filmiques au profit de la bande-paroles qui devient en quelque sorte la matière première du film.
L’auteur propose dans ce manifeste l’avènement d’une sur-narration sous forme de ciselures et la possibilité de travailler le son en soi indépendamment des images (ce qu’exprimera entre autres plus tard Godard en particulier dans Le Gai Savoir). Le montage discrépant, c’est-à-dire l’indépendance complète de l’image et du son, est indissociable de l’image ciselée, puisque l’un et l’autre participent à la déstructuration des blocs narratifs ou « ampliques » en rapport avec la théorie isouienne de l’amplique et du ciselant (dans un premier temps, le cinéma et tous les arts travaillent sur des ensembles thématiques que dans un second temps ils émiettent et analysent)
Figureront dans ce manifeste des acteurs et auteurs célèbres de l’époque : Jean-Louis Barrault, Blanchette Brunoy, Danielle Delorme, Daniel Gélin, André Maurois, Blaise Cendrars, Marcel Achard, et bien sûr Jean Cocteau. D’ailleurs, le poète à l’étoile réalise l’affiche du Traité pour sa sortie au Studio de l’Étoile en janvier 1952.
Cet auteur a également suggéré au jury hors compétition du Festival de Cannes (qu’il préside) de décerner au Traité le « Prix en marge du Festival de Cannes ». Cette reconnaissance sera suivie du « Prix des spectateurs d’avant-garde 1951 » et du « Prix Saint Germain des Prés 1951 ». C’est dire que, au-delà des polémiques qu’il suscite sur la Croisette, le film est salué comme un événement. En font foi les nombreuses coupures de presse de l’époque dans Nice Matin, Combat, Les Cahiers du cinéma, la revue Cinéma, etc…
Bonus : Bande annonce, 1951, 7 minutes, noir et blanc, sonore.
« L’on sent en filigrane, dans ce film au-delà de la vérité provocante du ton, le respectueux désir de solliciter les choses telles qu’elles sont, comme une inquiétude que tout ayant été détruit ou mis en question, il ne restât plus à l’Art rien dont il fit sa substance » (Eric Rohmer)
S/T: ENG / DEU / ESP / ITAL . BONUS S/T: ENG





