Dada cinéma

Hans Richter, Viking Eggeling, Man Ray, René Clair, Fernand Léger, Dudley Murphy

1921-1927 - 92 min

24,00 €

RYTHME 21, de Hans Richter – 1921, 35mm, n/b, muet, 2’10
LA SYMPHONIE DIAGONALE, de Viking Eggeling – 1921, 35mm, n/b, muet, 7′
LE RETOUR A LA RAISON, de Man Ray – 1923, 35mm, n/b, muet, 2′
LE BALLET MECANIQUE, de Fernand Léger et Dudley Murphy – 1924, 35mm, n/b, sonore, 14′
ENTR’ACTE de René Clair – 1924, 35mm, n/b, sonore, 20′
FILMSTUDIE, Hans Richter, de Hans Richter – 1926, 35mm, n/b, sonore, 3’30
EMAK BAKIA, Man Ray
VORMITTAGSSPUK, Hans Richter

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RYTHME 21, de Hans Richter – 1921, 35mm, n/b, muet, 2’10

LA SYMPHONIE DIAGONALE, de Viking Eggeling – 1921, 35mm, n/b, muet, 7′

LE RETOUR A LA RAISON, de Man Ray – 1923, 35mm, n/b, muet, 2′

LE BALLET MECANIQUE, de Fernand Léger et Dudley Murphy – 1924, 35mm, n/b, sonore, 14′

ENTR’ACTE de René Clair – 1924, 35mm, n/b, sonore, 20′

FILMSTUDIE, Hans Richter, de Hans Richter – 1926, 35mm, n/b, sonore, 3’30

EMAK BAKIA, Man Ray

VORMITTAGSSPUK, Hans Richter

RYTHME 21, de Hans Richter – 1921, 35mm, n/b, muet, 2’10
« Il était facile de diviser, de subdiviser et d’orchestrer le rectangle de l’écran. Ces subdivisions seraient l’équivalent des « éléments » qui avaient été à l’origine des rouleaux. Donc, je renonçai à Prélude à l’écran, et me mis à filmer des suites de rectangles et de carrés de papier de toutes grandeurs et allant du gris foncé au blanc. Le rectangle et le carré me fournissent une forme simple, un élément dont je pouvais sans peine contrôler le rapport avec le rectangle de l’écran. Mes rectangles et mes carrés de papier, je les fis alors s’agrandir et disparaître, se mouvoir par saccades ou par glissements, non sans calculer les temps avec soin, et selon des rythmes déterminés. » H.R. in Hans Richter, op. cit

LA SYMPHONIE DIAGONALE, de Viking Eggeling – 1921, 35mm, n/b, muet, 7′
Le film, auquel collabora Erna Niemeyer-Soupault à partir de l’été 1923 pour l’exécution des 6720 dessins qui le constituent, fut terminé à l’automne 1924 (première projection privée le 5 novembre 1924). Il fut présenté publiquement pour la première fois le 3 mai 1925 à Berlin, à l’UFA Palast, accompagné des Reflektorische Farbenspiele de Hirschfeld-Mack, du Ballet mécanique (sous le nom d’Images mobiles) de Fernand Léger et Dudley Murphy, des Opus I, II, III, et IV de Rittmann et d’Entracte de René Clair.
Le négatif du film original a vraisemblablement été perdu. La version conservée au Musée national d’Art Moderne provient des archives de Hans Richter, qui a reconstitué le film. A la demande de celui-ci, le dessinateur Eiden Bentz fit une copie des rouleaux originaux restés en possession après la mort de Eggeling. Il existe à la Cinémathèque française, un fragment de ce que fut vraisemblablement la version originale d’une durée de 18 minutes si l’on en croit le programme Filmliga de 1928 et qui est visuellement plus riche et plus dynamique. Selon Erna Niemeyer-Soupault, la version reconstituée par Richter fausse l’esprit originel du film (voir Patrick de Hass, Cinéma intégral, op.cit., p. 69).
(La datation du générique, fournie par Hans Richter, est évidemment sujette à caution !

LE RETOUR A LA RAISON, de Man Ray – 1923, 35mm, n/b, muet, 2′
Première le 6 juillet 1923 lors d’une soirée très mouvementée dite du « Coeur à Barbe » au théâtre Michel, organisée par Tristan Tzara. Le film fut improvisé et réalisé la nuit précédente. Man Ray relate dans son Autoportrait les conditions dans lesquelles ce film fut conçu et réalisé : « Tzara entra en scène et, d’une manière parfaitement intelligible, il présenta mon film, LE RETOUR A LA RAISON, en première mondiale. Ce film avait été tourné par le célèbre artiste Man Ray, dans un moment de lucidité. Dans les fauteuils, les spectateurs se détendirent, on entendit pousser un soupir de soulagement. Il y eut quelques applaudissements. Les lumières s’éteignirent et l’écran s’éclaira. Les images ressemblaient à une tempête de neige dont les flocons voleraient dans tous les sens au lieu de tomber, et qui se transformeraient en un champ de marguerites, comme si la neige, cristallisée devenait fleur. […] Mais quand la spirale et le carton de la boîte à oeufs se mit à tourner sur l’écran, il y eut un sifflement, que reprirent les spectateurs, comme cela se passe dans les réunions. Mais la bande se cassa à nouveau, et le théâtre fut plongé dans le noir. Un des spectateurs donna libre cours à son mécontentement ; un autre, assis derrière lui, lui répondit : c’était un sympathisant du dadaïsme. Le dialogue prit un ton plus personnel, on entendit claquer une bonne gifle, suivie de bousculades, de coups de pieds et de crise. » M.R., in Autoportrait, op.cit.

ENTR’ACTE, de René Clair – 1924, 35mm, n/b, sonore, 20′
Au théâtre des Champs-Elysées où ils montaient le ballet dadaïste « Relâche », Francis Picabia et Erik Satie souhaitaient un film pour « sortir le public de la salle ».

LE BALLET MECANIQUE, de Fernand Léger et Dudley Murphy – 1924, 35mm, n/b, sonore, 14′
Avec Katherine Murphy, Kiki, Dudley Murphy. Photographies : Man Ray et Dudley Murphy. Première publique en octobre 1924 à Vienne dans le cadre de l’exposition internationale « Neuer Theatertechnik ».
Musique composée par George Antheil. Les difficultés techniques présentées à l’époque par la synchronisation de l’image et de la musique ne permirent pas de trouver une solution acoustique satisfaisante et retardèrent l’achêvement du film jusqu’à ce que Léger et Murphy décident finalement de s’en tenir à un film muet. Antheil réécrivit la musique pour en faire une oeuvre musicale futuriste de l’ère mécanique. Cette œuvre où s’affirme la primauté de la structure rythmique réclame ce qu’Antheil appelait l' »engineering musical ». Cette partition est représentative de l’art de l’ère mécanique introduit par les futuristes italiens : huit pianos, un piano mécanique , huit xylophones, deux sonnettes électriques et une hélice d’avion.
Création de la musique en juin 1926.

EMAK BAKIA, de Man Ray – 1926, 35mm, n/b, muet, 17′
« A ceux qui se demanderaient encore la raison de cette extravagance, on peut simplement répondre par la traduction du titre Emak Bakia, une vieille expression basque qui signifie « fichez-moi la paix ». M.R., in Close Up, août 1927
« Je tournai une de mes séquences les plus intéressantes dans une Mercedes de course lancée à 140km/h environ. J’étais terriblement secoué. Je tournai cependant avec ma petite caméra à main lorsque nous rencontrâmes, sur la route, un troupeau de moutons. Rose freina et la voiture s’arrêta à un mètre des moutons. Cela me donna une idée : pourquoi ne pas filmer une collision ? Je descendis de la voiture et, tout en remontant la caméra, je suivis le troupeau. Puis je déclenchai la caméra, la jetai en l’air à dix màtres et la rattrapai de nouveau. » M.R., in Autoportrait, op. cit.

VORMITTAGSSPUK (Fantômes avant déjeuner), de Hans Richter – 1927, 35mm, n/b, sonore, 6′
Interprété par : Paul Hindemith, Werner Graeff, Hans Richter, Darius et Madeleine Milhaud, Jean Oser, Walter Gronostay.
Inspiré du scénario manuscrit de Werner Graeff intitulé : « Die Rebelion der Handfeuerwaffen » (La rébellion des armes à feu).
Caméra : Reimar Kuntze.
Première projection publique au Festival de musique de Baden-Baden en 1928.
La musique originale – détruite – est de Paul Hindemith. Paul Verguth dans « Notes on the Musical Accompaniment to the Silent Films » (in Frank stauffacher Art in Cinema) préconise d’accompagner le film silencieux avec des compositions de Casella et Hindemith. Dans cette version, une fanfare bavaroise précède une musique de percussions africaines.


Détails

RéalisateurHans Richter, Viking Eggeling, Man Ray, René Clair, Fernand Léger, Dudley Murphy
Année1921-1927
Durée92 min

Fiche technique


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StandardPAL
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English description

DADA CINEMA Directed by : Hans Richter - Viking Eggeling - Man Ray - René Clair - Fernand Léger et Dudley Murphy Several countries, 1921-1927, PAL, 4/3 - 92 mn All zones black and white, mono RHYTHMUS 21, Hans Richter, 1921, 35mm, n/b, silent film, 2'10 DIAGONAL SYMPHONY (La Symphonie Diagonale), Viking Eggeling, 1921, 35mm, n/b, silent film, 7' RETURN TO REASON (Le Retour à la Raison), Man Ray? 1923, 35mm, n/b, silent film, 2' ENTR'ACTE, René Clair & Francis Picabia, 1924, 35mm, n/b, sound, 20' LE BALLET MECANIQUE, Fernand Léger & Dudley Murphy, 1924, 35mm, n/b, sound, 14' FILMSTUDIE, Hans Richter, de Hans Richter - 1926, 35mm, n/b, sound, 3'30 EMAK BAKIA, Man Ray, 1926, 35mm, n/b, silent film, 17' GHOSTS BEFORE BREAKFAST (Vormittagsspuk), Hans Richter The cinematographic universe of Dada is a crossroads of iconographic subversion and abstraction, formal geometry and corporal eroticism, bathed in a general indifference to "making sense" - unless it is making sense of its own deconstruction. Philippe-Alain Michaud RHYTHMUS 21, Hans Richter, 1921, 35mm, n/b, muet, 2'10 In this first of the series, originally known as FILMS IST RHYTHMUS, he experiments with square forms. These forms appear in very simple to very complex compositions-from the beginning shots where the squares with the frame. The effect is a subversion of the cinematic illusion of depth. Richter creates a precise rhythm with the movement of these shapes. "The simple square of the movie screen could easily be divided and orchestrated," wrote Richter in 1953. "These division or parts could then be orchestrated in time by accepting the rectangle of the "movie canvas" as the form element. In other words, I did again with the screen what I had done years before with the canvas. In doing so I found a new sensation: rhythm- which is, I still think, the chief sensation of any expression of movement." (Publication excerpt Circulating Film Library Catalog, New York The Museum of Modern Art, 1984, p. 166) DIAGONAL SYMPHONY, Viking Eggeling, 1921, 35mm, n/b, silent film, 7'ad feedback A tilted figure, consisting largely of right angles at the beginning, grows by accretion, with the addition of short straight lines and curves which sprout from the existing design. The figure vanishes and the process begins again with a new pattern, each cycle lasting one or two seconds. The complete figures are drawn in a vaguely Art Deco style and could be said to resemble any number of things, an ear, a harp, panpipes, a grand piano with trombones, and so on, only highly stylized. The tone is playful and hypnotic. RETURN TO REASON (1923) is an experimental film, white specks and shapes gyrating over a black background, a light-striped torso, a gyrating eggcrate. It consists of animated textures, Rayographs and the torso of Kiki of Montparnasse (Alice Prin). One of the first Dadaist films. ENTR'ACTE, René Clair & Francis Picabia, 1924, 35mm, n/b, sound, 20' One of the best and most entertaining films to come out of the Dada/Surrealist period, ENTR'ACTE (1924) is also worth watching for the appearance of notable figures such as Francis Picabia (who initiated the project), Marcel Duchamp, Man Ray and Erik Satie. This extraordinary early film from director René Clair was originally made to fill an interval between two acts of Francis Picabia's new ballet, "Relâche", at the Théâtre des Champs-Elysées in Paris in 1924. Picabia famously wrote a synopsis for the film on one sheet of note paper, headed Maxim's (the famous Parisian restaurant), which he sent to René Clair. This formed the basis for what ultimately appeared on screen, with some additional improvisations. Music for the film was composed by the famous avant-garde composer Erik Satie, who appears in the film, along side its originator, Francis Picabia. The surrealist photographer Man Ray also puts in an appearance, in a film which curiously resembles his own experimental films of this era. LE BALLET MECANIQUE, directed Fernand Léger & Dudley Murphy (1924), was a project by the American composer George Antheil and the filmmaker/artists Fernand Léger and Dudley Murphy. Although the film was intended to use Antheil's score as a soundtrack, the two parts were not brought together until the 1990s. As a composition, LE BALLET MECANIQUE is Antheil's best known and most enduring work. It remains famous for its radical style and instrumentation as well as its storied history. In concert performance, the "ballet" is not a show of human dancers but of mechanical instruments. Among these, player pianos, airplane propellers, and electric bells stand prominently onstage, moving as machines do, and providing the visual side of the ballet. As the bizarre instrumentation may suggest, this was no ordinary piece of music. It was loud and percussive - a medley of noises, much as the Italian Futurists envisioned new music of the 20th century. FILMSTUDIE, Hans Richter, de Hans Richter - 1926, 35mm, n/b, sound, 3'30 Hans Richter's pioneering Dada work FILMSTUDIE was an early attempt to combine Dadaist aesthetics and abstraction. Made in 1926 Richter's film presents the viewer with a disorientating collage of uncanny false eyeballs, distorted faces and abstract forms... Hans Richter's pioneering Dada work FILMSTUDIE was an early attempt to combine Dadaist aesthetics and abstraction. Made in 1926 Richter's film presents the viewer with a disorientating collage of uncanny false eyeballs, distorted faces and abstract forms (none of these themes is treated constantly). It's similar to Man Ray's work in its ballet of motion which combines a playful tension between figurative and abstract forms, both in negative and positive exposure. FILMSTUDIE is essentialy a transitional work of mixed styles. A number of devices drawing attention to the technical specificity of photography (multiple exposures and negative images) are also included and enter into a successful fusion with the remaining elements. EMAK BAKIA, Man Ray, 1926, 35mm, n/b, silent film, 17' A long series of unrelated images, revolving, often distorted: lights, flowers, nails. A lightboard appears from time to time carrying the news of the day. Then, an eye. A woman in a car drives along country roads. Farm animals. She descends from the car, again and again. Images: dancing legs, seashore, swimming fish, geometric shapes, cut glass. A man removes his starched collar. It rotates. A girl has garishly painted eyes. No, she's only fooling. Those were her eyelids. GHOSTS BEFORE BREAKFAST, Hans Richter, 1927, 35mm, n/b, sonore, 6' Hans Richter, noted for his abstract shorts, has everyday objects rebelling against their daily routine. GHOSTS BEFORE BREAKFAST is a 1928 German animated short film directed by Hans Richter. It utilizes stop motion for some of its effect and live action for others. The original soundtrack was destroyed by the Nazis, but new audio tracks have been created by artists such as The Real Tuesday Weld. The film does not present a coherent narrative, and includes a number of seemingly arbitrary images.